1980, un Franco-Allemand achève sa carrière de directeur d'une usine de dentelle du nord de la France. Quarante ans plus tôt, il était un fonctionnaire SS chargé de surveiller le bon déroulement des opérations d'élimination sur le front de l'Est. A travers une sorte d'enquête autobiographique, il se lance sur ses propres traces.
"En fait, j'aurais tout aussi bien pu ne pas écrire. Après tout, ce n'est pas une obligation. Depuis la guerre, je suis resté un homme discret ; grâce à Dieu, je n'ai jamais eu besoin, comme certains de mes anciens collègues, d'écrire mes Mémoires à fin de justification, car je n'ai rien à justifier, ni dans un but lucratif, car je gagne assez bien ma vie comme ça. Je ne regrette rien : j'ai fait mon travail, voilà tout... Malgré mes travers, et ils ont été nombreux, je suis resté de ceux qui pensent que les seules choses indispensables à la vie humaine sont l'air, le manger, le boire et l'excrétion, et la recherche de la vérité. Le reste est facultatif."
Avec cette somme qui s'inscrit aussi bien sous l'égide d'Eschyle que dans la lignée de Vie et destin de Vassili Grossman, Jonathan Littell nous fait revivre les horreurs de la Seconde Guerre mondiale du côté des bourreaux, tout en nous montrant un homme comme rarement on l'avait fait : l'épopée d'un être emporté dans la traversée de lui-même et de l'Histoire.
Comme indiqué sur la page de titre de cette réédition au format poche, il s'agit d'une "édition revue par l'auteur". Jonathan Littell a effectué une correction minutieuse des erreurs factuelles qui lui avaient été reprochées : des noms de lieux, de personnages, de grades, de dénominations de services...